La légèreté

des pierres

7 juillet > 1er septembre 2013


Marion Delage

Isabelle Le Morvan

Thierry Perrot

Étienne Rivière

Exposition inaugurale, le titre inscrit notre aventure dans sa dimension poétique. Le règne minéral fait souvent l’objet d’inquiétudes artistiques. Comment surpasser les prodiges de la nature ? Les pierres ont toujours fait collection pour leur pouvoir à évoquer comme les Pierre-aux-masures de Florence ou les pierres de rêve chinoises. De sa constitution la plus élémentaire, le sable qui vole, à sa réalité brute, le minéral demeure une portion de territoire, une page de mémoire. Les quatre propositions de l’exposition vont jouer, par leur procédé, à démultiplier le réel : galets de céramique où le poids initial s’est évaporé, tempête de sable qui convoque des paysages désertiques, silhouettes d’une collection de pierres allégées par le travail du blanc ou du noir, schistes suspendus par le soutien de la lumière.

 

Tout est contradiction.




Marion DELAGE

Grain zéro

2013

Verre, sable et soufflerie

50x50x50 cm

C'est comme une respiration. Le souffle continu d'un vent inconnu qui déplace. Le souffle parsemé d'un vent déterminé qui efface. Et les strates dessinées s’éparpillent. Et les dunes façonnées se dispersent. Territoire prélevé, dévasté, renouvelé. Un paysage qui se fait et se défait.



Isabelle LE MORVAN

Titanes

2013

Diptyque

Graphite, blanc de titane et gris de Davy sur papier Arche

153,5x102 cm chaque élément

 

 

135, 105, 71, 94, 35

2013

Pierre noire, craie, noir d'ivoire sur papier Arche

106,5x75,5 cm

 

 

Principe

2013

Sanguine in situ

Dimensions variables

Pierre blanche, celle qui marque l’espace par l’événement, celle qui précise une roche pour éviter le naufrage, celle enfin qui permet de trouver son chemin.


Pierre levée pour défier le ciel et éviter le fracas. Stèle, borne ou croisée des chemins, repère ou mémoire.


Pierre noire, intense, qui relève le dessin et creuse l’espace du trait.


Noir d’ivoire, blanc de titane, ocres du Mali, les pigments lentement déposés se sédimentent, une strate annule la précédente.


Pierres déposées bord à bord dans l’absence du poids.
Mur.


Pierres-aux-masures de Florence, pierres de rêve chinoises, pierres de lune, septaria, agate, lapis-lazuli, manganèse, jaspe, schiste, grave, galet, grain.


Jardin de mémoire.
Pierre, la première ou la dernière.



Thierry PERROT

Galets

2013

Grès coulé et émaillage raku

Dimensions variables (trois modèles)

Un galet, ramassé entre les vagues.

Empreinte par moulage, témoignage des passages répétés de la mer pour en modeler la surface.

Arrêter le temps, construire une mémoire, fossiliser le geste.

La céramique construit une nouvelle ossature minérale, plus légère, qui trouvera sa peau dans les mélanges d’oxydes et de silice.

Le raku, technique empruntée aux rituels des moines japonais, dans les hasards mêlés des oxydes, fait naître des paysages : chaotiques ou fulgurants, apaisés ou dévastés.

 

Émergence des couleurs de l’instable et montée des métaux qui en irisent la surface, les cuissons, parfois au nombre de trois sur une même pièce jouent de l’eau et du feu. Le four est ouvert entre 1000 et 1100 °c, les pièces sont extraites en pleine incandescence puis étouffées dans les copeaux de bois pour la venue des lustres. Plongé dans l’eau enfin pour la révélation des couleurs et leur longévité, chaque galet ouvre sur un instant de plaisir teinté d’inquiétude.

Puis le moule s’épuise et se fracasse, le nombre est donc fixé, la série, limitée.

Le terme raku signifie le bonheur dans le hasard.




Étienne RIVIÈRE

92 kW

2013

3 suspensions

Ardoises, sangles et néons

Dimensions variables

La pierre écrase la lumière et la lumière soulage le poids.
La dureté allégée par la présence du verre, fragile.

Dans l’obscurité, une apparition.
Des présences en balancement.
Des éléments en tension, suspension, des matériaux qui se répondent.

Une ponctuation dans l’espace souligne le vide, la distance, la proximité.

La pesanteur se mêle à l’apesanteur.

Le bleu presque noir et le blanc diaphane.

La pierre n’est pas le rocher mais la ligne.
Mystiques îlots suspendus, marqués par le passage du temps.
Les strates comme des marches.

Dans un bloc, un territoire.
Dans une pierre, un pays tout entier contenu.



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