Parasite(s)

10 juillet > 10 septembre 2016


Jérémy Asmont

Marion Delage

Stéphane Étroit

Charles Gallissot

Aurélie Gatet

Bernard Gilbert

Isabelle Le Morvan

Patrice Lefèvre

Thierry Perrot

Lionel Redon

Étienne Rivière

Parasite : à l’énoncé du terme, l’image d’une vie aux dépens d’une autre est souvent convoquée. On y associe généralement le monde végétal ou animal, le plus souvent en mémoire de l’enfance aux chevelures envahies… Le parasite trouve pourtant son premier sens au XVIème siècle où il désigne celui qui s’invite à la table d’un riche. La classification zoologique et botanique viendra deux siècles plus tard créer des catégories où l’on range, parfois avec incertitude, animaux et végétaux dont l’existence n’est possible qu’en prélevant celle d’un hôte. Puis, l’idée ondule vers toutes les formes d’envahissement, de colonisation, de brouillage, le son et l’image sont à leur tour dévorés. Le parasite se déploie vers le parasitage, acte qui dépasse la simple figure en négatif pour faire naître d’autres perceptions et réinterroger les genres…
Qui mange l’autre ?




Jérémy Asmont

Yanghwa-ro

2016

 Deux photographies

 Tirages photographiques sur aluminium

 80x60cm chaque élément

Corée du Sud, Séoul.

Un homme accroche des affiches à l’aide de petits morceaux de scotch colorés sur les parois métalliques. Il s’exécute rapidement et en moins de dix minutes, environ trente affiches sont installées. La durée de vie de l’accrochage est très courte : le personnel de la ville les arrache rapidement comme pour la publicité illégale du métro. Le matin, les affiches sont là, l’après-midi tout a disparu ! Seuls les scotchs colorés résistent, accompagnés parfois de restes d’affiches. Parasite en ville, malgré cet interdit, l’affichage continue d’avoir lieu pour quelques heures sur les tôles encerclant un squat, au cœur de la ville high-tech.




Marion Delage

Irruption

2016

Installation de 1017 éléments

Plâtre

275x970x15 cm

Le surgissement prend appui sur l’espace, il s’y origine pour mieux envahir. La brutalité du mur supporte l’épiderme minéral.

La forme s’amplifie ou se perd dans l’obsession du même mais ne trouve pas son double. Variation de la position du corps, traces persistantes du procédé, ombres portées suscitent les nuances.

L’articulation invoque le déplacement mais se fige, comme pétrifiée dans son élan. Cristallisation d’un mouvement sous-entendu qui n’existe plus que dans les reliefs que la courbure dessine.

La répétition a quelque chose de théâtral, elle apparaît exacerbée. Des excroissances indénombrables pour un recouvrement, une propagation qui contrarie un possible inventaire.

Le corps est prélevé pour mieux disparaitre ; il se perd dans l’étendue où l’empreinte et l’informe se répondent.




Stéphane Étroit

Delicatessen

Suite Boulimie

2016

13 réalisations présentées sur consoles

Crayon graphite sur papier, bois, métal

191x430x30 cm l'ensemble

Que je me serve des divers fruits et légumes, des lièvres ou autres bestiaux morts glanés deci delà sur les tables toutes dressées des natures mortes de peintres renommés des XVIIème et XVIIIème siècles chez qui - en parasite - je me suis invité, ça ne sentait que les parfums alléchants de la peinture à l'huile : la fabrique comme une gourmandise, tandis qu'au dehors l'épidémie de peste rappelait une certaine finitude…

 

Oubliées, toutes les représentations symboliques, religieuses, morales, hospitalières ou autrement érotiques, qui sont habituellement rattachées au genre. J'ai ôté la couleur. Modifié la technique. Il n'y a d'investissement que dans la pratique. Seul compte, dans ces emprunts, la mise à distance de l'image, le pourrissement de l'idée de l'image, même fidèle, comme la seule finalité.

 

Le peint quotidien.





Charles Gallissot

Sans titre

2016

5 dessins

Encre de chine sur papier

29,7x42 cm chaque élément

"Surface blanche rayée, froissée.

Changement terrible entre quelque chose qui serait parfaitement défini…

Impossible que ce soit parfaitement défini dans un travail sur la ligne.

Ça me trouble."





Aurélie Gatet

Un petit supplément d’âme

2016

11 éléments installés dans tous les espaces de la galerie

Figurines animalières (plastique ou porcelaine) et ruban adhésif

Dimensions variables

À l'image de l'araignée qui cherche l'endroit adéquat d'une ponte, l'artiste cherche, dans l'espace d'exposition, l'occasion d'une éclosion.

Parasite ?




Bernard Gilbert

traquababel

2016

Photo publicitaire et autocollants

160x270 cm

J’étais enfant. « il est temps de plier les gaules » disait mon Père. Il ignorait ma passion future pour les lignes.

 

Invitation

 

À l’origine une photo publicitaire -appât agaçant- pour une marque de vêtements féminins qui servira d’hôte à envahir, à court-circuiter par une réserve de stickers et adhésifs… et le plaisir de parasiter mon langage dessiné.

 

Stratégie et technique

 

Une première strate adossée à la composition de l’image est apposée. Une seconde couche est collée, elle-même déductive des deux précédentes, en les caviardant… juste pour voir ?

Une troisième épaisseur est ajoutée aux deux antérieures, en surenchérissant sur l’illisibilité croissante.

Une quatrième pellicule se superpose, engendrée par l’aspect des trois premières.

Apparaissent linéaments, méandres, et entrelacs.

 

« Ça mord ? »

 

Là, ça commence à bouger, l’étang ondule. En surface, ablettes et stickers scintillent. À l’aplomb, un prédateur matois. Une cinquième, une sixième, un septième, une huitième, ça devient amusant mais le commensal prend trop de place. Décision de (le) poursuivre.

 

« Il faut ferrer ! »

 

Neuvième passage. Ça grouille un peu plus. Se dégage un négatif de palimpseste. Entre la satisfaction d’un collage bien dans les clous et l’idée d’en remettre en surface, je le taquine, le traque. Touches de fonds.

 

Dans la bourriche.

 

Dixième étape, Babel se dessine.




Isabelle Le Morvan

Nuées

2016

Dessin in situ

Mine de plomb

285x450 cm

Être, souvent de l’ordre du minuscule, parasite aux formes empruntées à la découpe rocheuse d’un littoral, le Domotex dévore les chiens de l’intérieur.

 

Agrandies puis reportées inlassablement, ces formes archaïques viennent recomposer l’évocation d’un nuage, un entrelacs complexe aux filets de plomb ; le dessin en transfigure l’apparence vers l’émergence d’une nuée, celle dans laquelle le regard s’oublie, le corps s’immerge, le temps d’une méditation ombrageuse.

 

Le dessin s’ancre au mur, donne à voir la durée de son exécution comme le grain de la page ; il oscille entre le fourmillement et le vide, entre la légèreté et le ciel de plomb.




Patrice Lefèvre

Ostentations

2016

Pain de seigle, plancher ciré, alimentation électrique, écran numérique

et vidéo (2’18’’ diffusé en boucle)

20x40x40 cm

Aujourd’hui, on sait que le feu Saint-Antoine, l’ergotisme, est le fait d’un parasite du seigle qui contient l’acide lysergique (LSD) ; contrairement au Moyen-âge où devant l’incompréhension et l’angoisse de ce mal nouveau, la population donna raison à la punition divine. Les Ostensions sont les rituels de conjuration de ce mal par la pensée chrétienne. Ostentation ou Ostension et tentation…




Thierry Perrot

Ganoderma lucidum

2016

16 éléments en céramique

1 arbre

Grès émaillé, éclairage

Dimensions variables

Le mur s’ouvre aux excroissances. Leur forme presque baroque n’annonce en rien la nocivité qui les caractérise lorsqu’elles émergent à la base des arbres. Presque des ombelles, parfois très colorés, ces parasites signent pourtant la mort du végétal qui les accueille.

 

Le moulage en fige ici la croissance, le grès coulé en accentue la dimension minérale, proche des coquillages… L’émail y rejoue la moire précieuse ; platine, bleu et jaune détournent la simple copie naturaliste. Un trait d’humour, un clin d’œil à l’histoire de la céramique, l’objet ici change de statut et perd enfin sa fonctionnalité, à moins que…

 

Trois fragments d’un même arbre, à proximité, nous rappellent pourtant leur point d’ancrage, le lieu de leur déploiement. L’arbre évidé vient lui-aussi créer des péninsules, la lumière en son centre en dessine le territoire.

 

Nous marchons de la forêt vers la mer.




Lionel Redon

Parasite Room Project

2016

Installation

Pièce peinte en noir

Lampes stroboscopiques, cadre numérique, ventilateur et système audio

Étienne Klein : L'univers a-t'il connu un instant zéro ?

École Normale Supérieure - Nuit des Sciences

6 juin 2014

format MP3

 

Georges Didi Huberman : Minima lumina

Phénoménologie et la politique de la lumière

CRAL (Centre de Recherches sur les Arts et le Langage)

15 mai 2014

format MP3

 

Luis Buñuel, Simon du désert, 1965 (vostfr)

format .avi




Étienne Rivière

Dérivations

2016

Installation

24 tubes fluorescents, capteurs et câbles électriques

Dimensions variables

La lumière occupe l’espace dans une verticalité fragile. Elle investit le vide, interstice habité par des lignes en tension et hors-tension. Le tracé se dessine par nécessité, un réseau connecté se déploie.

 

L’inertie se voit perturbée par l’ascension des autres, le déplacement actionne, le mouvement des corps fait circuler les fluides.

 

Une rythmique mécanique lumineuse se réinvente à chaque passage, des résonances apparaissent comme autant d’échos défiant l’obscurité.



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